SAINT-CHRISTOPHE

A TRAVERS LES ÂGES

En hommage à un ancien "Maître d'école" de Saint-Christophe, Monsieur Arthur Froger, qui fut pendant toute sa carrière, le guide des garçons de notre commune.

M. CORDIER Juin 1948   


 

  En guise de préface...

  Pendant l'exercice de mes fonctions de Directeur d'école à St-Christophe-du-Luat (Mayenne), j'ai eu le plaisir de consulter les archives de l'établissement. C'est à l'occasion de ces recherches que le document présenté ici a été "déniché". Avec mon épouse, nous avons souhaité lui donner une seconde jeunesse.

  Cette monographie sur la commune de Saint-Christophe-du-Luat, écrite en 1948 par M. Cordier, garde aujourd'hui encore toute sa valeur pour celui qui s'intéresse à l'histoire de son village.

  Il nous semblé intéressant de mettre à la disposition de tous ce petit document qui n'existait jusqu'ici qu'à un seul exemplaire dans les archives de l'école.

  Certes, des recherches plus récentes permettraient d'apporter des précisions utiles. Mais le lecteur trouvera ici un certain nombre d'informations oubliées ... ou encore inconnues.

  Afin de ne pas dénaturer l'écrit original, et par respect pour l'auteur, nous avons pris soin de recopier intégralement et sans aucune correction, tous les textes contenus dans la monographie.

  Outre le travail de mise en page, nous avons souhaité compléter ce document en y ajoutant quelques données en fin d'ouvrage.

  Cette modeste contribution à l'histoire locale n'a qu'un but : redonner une nouvelle jeunesse à un travail effectué il y a près de cinquante ans, et permettre à chacun d'en tirer le meilleur profit pour sa culture personnelle.

Patrick et Annie OGER 

infos.pog@laposte.net

 

Ce document est aussi disponible en téléchargement au format pdf (23 pages - 268 ko) en cliquant ici.

 

 


 

Sommaire

Ce sommaire ne figure pas sur le document original. Nous l'avons ajouté afin de permettre un accès plus rapide aux différentes rubriques.

 

1. Un peu de géologie - Avant l'histoire - Période gauloise - Les grandes invasions - Période Franque

2. La féodalité s'établit - XIème siècle - XIIème siècle - XIIIème siècle - XIVème siècle - XVème siècle - XVIème siècle - XVIIème siècle - XVIIIème siècle

3. La Révolution de 1789 - Le XIXème siècle

4. Le XXème siècle

5. Dalles et inscriptions funéraires - Curiosités historiques - Une curieuse coutume

6. Histoire économique de Saint-Christophe : la forêt - anciennes cultures - la culture du lin et l'industrie des toiles - Aspect de la campagne vers le XVIème et le XVIIème siècle - la chaux - le fer - les moulins - les étangs - cultures modernes - élevages - industrie

7. Population - Maires et adjoints

8. L'école à Saint-Chistophe - Liste des instituteurs titulaires

9. Notes complémentaires (actualisation des données) : la population de St-Christophe (1801 à 1990) 

 


 

Un peu de Géologie

  Notre sol du bas-Maine fait partie du vieux massif Armoricain, roches anciennes comme le granit, le grés, l'ardoise, l'argile. En général, terres lourdes qui conservent longtemps l'humidité généreusement distribuée par les pluies abondantes.

Mais notre commune possède aussi des terrains calcaires qui ont été pour elle une source de richesse.

Le Bourg de Saint Christophe est placé sur le rebord d'un grand plateau qui domine la dépression où se trouvent Evron et Neau. Certains géologues disent que cette plaine est l'ancien lit d'un d'un fleuve tertiaire qui venait du nord par la région d'Aron, se dirigeait vers Ste-Suzanne et se perdait dans le golfe marin qu'était alors le Bassin Parisien.

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Avant l'histoire

  Le territoire de St-Christophe était en majeure partie recouvert par la forêt de Charnie.

  Le climat rude de l'époque glaciaire obligea les hommes à chercher les abris dans les cavernes où ils trouvaient une température supportable et un asile contre les bêtes féroces.

  L'est de la Mayenne est riche en souvenirs de cette rude époque : les rives de l'Erve offraient des grottes vastes et profondes dont les hommes de ce temps surent profiter. Saulges surtout, nous donne l'idée de ces habitations de l'âge de la pierre. On a trouvé dans les grottes des ossements de mammouths, rhinocéros, ours, etc. ainsi que des ossements humains, des outils, des armes, tous de pierre éclatée. C'est avec ces haches rudimentaires que les hommes des cavernes venaient à bout des animaux terribles qui les entouraient.

  Puis le climat devenant moins hostile et les animaux les plus redoutables ayant émigré vers d'autres contrées, les hommes se construisirent des cabanes, le plus souvent sur les étangs pour se protéger contre les visites indésirables. Ce fut le temps des cités lacustres qui n'ont pas dû être rares dans notre contrée, riche en étangs peu profonds.

  On commence à cultiver la terre, à élever des animaux, à faire des poteries grossières.

  La pierre polie remplaça la pierre taillée pour la confection des armes et des outils.

  Les souvenirs de ces âges sont nombreux dans notre région : à Mézangers, Ste-Gemmes, Thorigné, Ste-Suzanne, Argentré, Voutré, la Chapelle-Rainsoin, on a trouvé des pierres taillées ou polies, des haches, des flèches, des poteries et des ossements de cette époque. De ces temps lointains nous restent les pierres énormes qu'on appelle dolmens et menhirs. Ils avaient probablement une signification à la fois religieuse et astronomique. On en trouve à Ste-Gemmes, Ste-Suzanne, à Viviers. A St-Christophe, il existe, dans le bois de la Cafforie, au sommet d'une légère hauteur, un curieux amas de pierre que les anciens appelaient " Chaire au Diable".

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Période Gauloise (jusqu'au IV° Siècle)

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  Le Bas-Maine était habité par les Aulerces-Diablinthes. Leurs capitale était probablement Jublains.

  Nous pouvons supposer que notre contrée, riche en forêts, abrita bien des huttes gauloises et que les troupeaux de porcs trouvèrent une "riche glandée" sous les vieux chênes de la Charnie.

  Puis vint la conquête romaine (50 ans avant J.C.). La conquête terminée, une paix bienfaisante s'établit pour trois siècles en Gaule. Jublains devint une belle ville à la mode romaine (plus de 10 000 habitants). Des routes magnifiques rayonnaient dans toutes les directions : voies larges de 17 mètres, solides et droites ; elles permettaient des déplacements rapides.

  Une de ces routes partant de Jublains passait sur le territoire de Neau (Courtaudon) par l'extrémité Est de St-Christophe (La Chesnelière), par Châtres et se dirigeait vers Angers. Les ruines du Gué de la Vigne sont peut-être des restes d'une station romaine.

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Les grandes invasions  (III° et IV° Siècle)

  Des troubles intérieurs, des brigandages commencèrent à ébranler la solidité romaine. Puis vinrent les invasions germaniques. Au premiers passage des Germains, Jublains fut quasi détruite (vers 277). Le calme revenu, les habitants rebâtirent leur ville avec les débris de l'ancienne. Un ouvrage de défense fut reconstruit : c'est le Castellum qu'on peut voir encore. Il ne suffit pas à arrêter la nouvelle vague germanique qui balaya la ville de Jublains. On peut penser que les autres établissements romains de notre contrée subirent le même sort.

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Période Franque  (du V° Siècle au IX° Siècle)

 

  Avec les Germains, la Gaule retomba dans le barbarie. Seule, l'influence du Christianisme apporta quelque adoucissement à ce régime de pillages et de crimes.

  C'est au IVème Siècle que fut fondé l'Evêché du Mans dont notre contrée fut longtemps dépendante.

  Notre Maine servit de champ de bataille aux Francs et aux Bretons et eut beaucoup à souffrir de ces luttes sauvages.

  Au milieu de ces troubles, des monastères se fondent ; les moines défrichent la forêt et attirent autour d'eux un noyau de paysans. C'est au VIème Siècle ou au VIIème siècle que fut fondé le monastère d'Evron. Cet établissement religieux fut un lieu de pèlerinage et devint très prospère.

  Au VIIIème Siècle, Charlemagne essaya de pacifier le pays mais ce calme relatif fut bientôt suivi d'un nouveau désastre : les invasions normandes.

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La féodalité s'établit

  En 853 les Normands brûlèrent le monastère d'Evron. En 863 Neau est détruit à son tour. Pour se défendre contre les pillages, des constructions s'élèvent : d'abord simples chateliers de terre et de bois puis, lourdes bâtisses en pierre : ce sont les châteaux-forts. Les monastères plus que jamais, jouent un rôle important : celui d'Evron fut reconstruit au Xème Siècle. La nouvelle abbaye acquiert une grande notoriété. La bourgade d'Evron prend de l'importance. En 994, la villes est autorisée à faire marché tous les jeudis. L'abbaye s'agrandit. Une église romane s'élève dont il reste la nef, le bas-côté et la grosse tour carrée (ouvrage de défense).

  Des luttes incessantes ont lieu entre Bretons, Angevins et Normands. Le Maine semble être leur champ de bataille favori. Les ducs de Normandie, ambitieux et batailleurs font de fréquentes descentes dans le Maine.

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XI° siècle

  Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, prend Mayenne en 1063. Il assiège Ste-Suzanne de 1083 à 1087. La ville lui résiste. Exaspéré, le duc se venge sur tous les fiefs qui dépendent de Ste-Suzanne. Il brûle les villages, il détruit les châteaux.

  C'est ainsi que d'après certaines chroniques, aurait disparu ce qui fut l'ancêtre de St-Christophe. On dit en effet, qu'une bourgade se trouvait sur les bords des deux rivières qui confluent à Morand. On trouve plusieurs prés ou champs "Normands" du côté du Tertre et Morand. On trouve près de l'ancienne Jaunelière cinq terres qui portent le nom de "Lices" (terrains de joutes à cheval). D'autres noms révèlent la présence de fortifications : les "Chatelières" (la Gautraie), la porte du Haut, le champ de la Porte (la Chesnelière). D'autres enfin rappellent l'ancienneté des lieux : champ de la Motterie, le pré du Ban, le Prétoire (pour la justice), les Hommées, le pré du Noël, le champ du Pain Béni, le Mariage, le champ de l'Hautelle. Tous ces noms se rattachent à des souvenirs malheureusement perdus aujourd'hui. A remarquer aussi les terres portant le nom de "Communes" : celles de la Vierge, du Puits, l'Ormeau Meslier, du Pré Martin. On a retrouvé autrefois, en faisant les labours, les fondations d'une église (champ de la Sacristie) et les restes d'un cimetière (closeau brûlé). A la Planche-Marguerite, des ouvriers ont trouvé une cachette remplie de vieux parchemins. On dit encore que les vases sacrés de l'ancienne église furent jetés dans une fontaine qu'on a essayé vainement de vider.

  Notre bourg actuel ne fut érigé en paroisse qu'en 1218. On peut supposer que les habitants du vieux bourg (Luard ou Louard), dispersés par la destruction de leur village, rebâtirent plus tard leurs chaumières sur l'emplacement actuel plus favorable à la défense.

  Guillaume s'attaqua aussi à Evron qui fut pillé une fois de plus. D'ailleurs les Abbés d'Evron avaient d'autres ennemis que les Normands. Il eurent souvent à se défendre contre les seigneurs voisins jaloux de leur prospérité. C'est ainsi que vers 1080, un seigneur de Laval vint attaquer l'Abbaye et s'en rendit maître. La légende raconte qu'ayant repris la route de Laval qui passait par Morand, le vainqueur tourna la tête pour voir une dernière fois l'incendie qu'il avait allumé et qu'alors, par punition divine, sa tête resta retournée en arrière. La petite chapelle des Hermaudières aurait été bâtie sur les lieux de ce fait légendaire. On l'appelle : chapelle du "Torticolis".

  L'Abbaye d'Evron a été fortifiée ainsi qu'en témoigne la grande tour carrée. Elle faisait partie du système de défense qui s'étendait de Fresnay-sur-Sarthe à Thorigné.

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XII° siècle

  Le Maine étant devenu possession des comtes d'Anjou, maîtres aussi de la Normandie, une accalmie permit à notre contrée de respirer un peu. De nombreux édifices cultuels furent bâtis : églises Romanes, prieurés, monastères, etc.

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XIII° siècle

  Au temps de Philippe Auguste, le Maine fut rattaché au domaine royal : la paix s'établit, les campagnes se repeuplent, les bourgs et les villes se construisent. Notre église date de cette époque. A ce moment l'abbaye d'Evron était en pleine prospérité. C'est en 1252 que la basilique d'Evron fut consacrée par l'évêque du Mans. A cette date, remonte la fête traditionnelle du 8 septembre.

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XIV° siècle

  La féodalité est solidement organisée. A St-Christophe les terres sont partagées de la façon suivante : châtelleries de la Chesnelière, la Cour du Tremblay, la Fauconnière, Morand, les Murailles, la Motte Guittet. Les unes relevaient de Ste-Suzanne, les autres d'Evron, la Cour relevait d'Entrammes. Elle dut être considérable. C'est de la Cour que dépendait le fief de Launai-Péan qui fut de peu d'importance jusqu'au XVII ème Siècle. Près des Murailles subsiste la Motte de Justice avec traces de fossés (10 m de haut, 60 m de circonférence).

  Un château dut exister dans le bourg même. Une vieille maison démolie en 1838 devait en faire partie (livre de l'abbé Gérault). Des vieillards avaient à cette époque le souvenir d'une vieille tour carrée avec deux cloches qui devait servir de beffroi. Ce château devait se trouver au sud de l'église. Le colombier seigneurial ou Fuie se trouvait à l'emplacement de l'école des garçons. La Fuie fut détruite peu avant 1840.

  C'est au XIV ème Siècle que commence la guerre de Cent ans. Le pays se fortifie contre les Anglais. Les moines d'Evron élèvent des défenses autour de leur monastère (1376). Les moindre villages s'entourent de levées de terre et même de murailles. Certains noms de terres donnent à penser que notre bourg fut lui aussi fortifié (la porte au febvre, le champ des barres). Malgré les malheurs de l'époque, les moines d'Evron continuent à embellir leur église (partie gothique).

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XV° siècle

  La lutte continue "forte et âpre dans le Maine". Evron une fois de plus est pillé. en 1425 c'est le tour de Ste-Suzanne. En 1427 Montsûrs et Laval sont prises. Les petits châtelains de St-Christophe sont enrôlés, les uns sous la bannière du comte de Laval, les autres aux ordres du baron de Ste-Suzanne. Partout l'armée anglaise fait de grands ravages. On suppose que le château du bourg fut détruit à ce moment là. On dit que le donjon de la Grande Courbe fut construit par les Anglais pour surveiller le pays.

  Une pierre tombale de notre église porte le nom de "Ollivier de la Chapelle, seigneur de St-Christophe, mort en 1431". La région fut délivrée des Anglais grâce à Ambroise de Loré.

  A cette époque devait exister du côté des Roussières une maison de lépreux (Maladrie).

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XVI° siècle

  François 1er disait d'Evron : " seigneurie abondante en biens comme bleds, vins et autres denrées ". Evron, de bourgade devient ville. Les marchés et les foires, abandonnés aux temps malheureux de la guerre sont rétablis en 1519 (foires de St-Julien, de la My-Caresme, de St-Simon et de Ste-Catherine). Des halles en bois sont construites : elles ont été malheureusement démolies à la fin du XIX ème.

  C'est de cette époque que datent les parties modernes des châteaux de Foulletortes et de Mézangers.

  Dans le bourg de St-Christophe tout porte à croire que la maison d'habitation de l'école publique des filles, avec sa tourelle, son antique charpente, sa cheminée monumentale, sa cave solidement voûtée est une construction de la fin du XV ème ou du commencement du XVI ème. La tradition dit qu'elle servit d'habitation à Mathurin du Tremblay mort en 1627, dernier seigneur de la cour du Tremblay qui fut célèbre par sa monture : pour aller à Evron, il montait un bÏuf tout noir en guise de coursier. On dit aussi qu'un souterrain partait de cette maison pour rejoindre la Cour. Des ouvriers en ont trouvé des traces en face de l'école, il y a une cinquantaine d'années. Une grosse pierre restée de vieilles démolitions porte les initiales M.T.. De la même époque doit dater aussi la maison qui précède le cimetière. Elle servit de presbytère jusqu'au XVIII ème siècle et elle eut le titre de "Prieuré".

  Au temps des guerres de Religion, le baron de Ste-Suzanne et tous ses vassaux prirent parti pour la " Réforme " contre la " Ligue ". En 1589, l'armée catholique attaque Sainte-Suzanne qui ne se rend qu'en 1593. Evron eut à souffrir de ces luttes : l'abbaye fut pillée par l'armée protestante en 1577. Les moines prirent la fuite, puis, rentrés chez eux, ils fortifièrent de nouveau leur monastère et murèrent les fenêtres basses de l'église. Les vieux porches seraient les anciennes portes de l'enceinte. On dit qu'un "prêche" de l'église protestante fut établi au château de la Saugère de Châtres.

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XVII° siècle

  Henri IV rétablit l'ordre.

  C'est du XVII ème que date le château actuel de Montécler bâti sur l'emplacement de Launai-Péan dont il reste quelques ruines. En 1616, Urbain de Montécler obtint le titre de Marquis (voir pierre tombale à l'église d'Evron). Il avait en 1612 acheté tous les droits féodaux de l'abbé d'Evron sur Châtres. Un autre Montécler acheta en 1643 le fief du Tremblay. C'est dans ce siècle qu'on commença la construction des bâtiments modernes de la communauté d'Evron. Cette construction magnifique provoqua des murmures parmi la population.

  De la même époque date le château de la Prézais qui appartenait au seigneur de Bouillé dès 1560 ; il relevait de la Chapelle-Rainsoin. Des pierres tombales à l'église portent les noms des seigneurs de la Prézais.

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XVIII° siècle

On note dans la région la création de quelques grandes routes royales : de Laval au Mans (1766), Paris-Rennes par Mayenne (1735), Laval-Tours (1754), Laval-Angers (1774). C'est au XVIII ème siècle que l'ancien cimetière qui entourait l'église fut abandonné et que le cimetière actuel le remplaça (1785). A noter qu'à cette époque il y avait à St-Christophe un notaire royal.

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La Révolution de 1789

  Elle fut d'abord bien accueillie en Mayenne, mais un mouvement contre-révolutionnaire se dessina sous la direction des prêtre "réfractaires" d'une part, et d'autre part, sous le commandement de Jean Chouan.

  Dans notre canton un mouvement insurrectionnel eut lieu en 1792 contre la municipalité d'Evron ; plusieurs centaines de paysans (dont un certain nombre de Saint-Christophe) sous la direction de deux prêtres, se réunirent à Montécler et partirent pour Evron armés de faux, de fourches, de fusils. Quelques coups de feu furent échangés et les manifestants se dispersèrent. Les prêtres réfractaires furent obligés de s'exiler ou de se cacher. c'est ainsi que l'abbé Renard, curé de Saint-Christophe, dut quitter sa paroisse ; il trouva refuge dans les communes voisines et à Saint-Christophe même (au Bois-Gaudin, à la Fauconnière, à la Juguerie, à la Ménardière) où des service clandestins furent célébrés. Mr Le Guy, prêtre assermenté le remplaça à la cure.

  A Evron, l'abbaye fut transformée d'abord en "Temple de la Raison" puis en prison.

  En 1793, l'armée royaliste de la Vendée traverse notre région en direction de Granville, puis au retour, battue au Mans, elle bat en retraite à travers notre département. La Chouannerie continue en Mayenne pour son propre compte. En 1794, Evron se fortifie une fois de plus. En 1795 un combat eut lieu à La Chapelle-Rainsoin. A Saint-Christophe, une rencontre dut avoir lieu entre Chouans et Bleus du côté de la Chévrie où des soldats furent enterrés.

  Les prêtres exilés reprirent leur ministère en 1799.

  C'est pendant cette période troublée que fut installée une direction des Postes à Evron.

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XIX° siècle

  Le Premier Empire a laissé des traces dans notre Etat-Civil : nous y trouvons 13 transcriptions de décès de soldats morts dans les hôpitaux de 1809 à 1815. Ces décès eurent lieu en Espagne, en Autriche, en Allemagne, au hasard des campagnes de Napoléon. Il n'est pas question de ceux qui furent tués sur le champ de bataille.

  En 1815, au retour des Bourbons, le maire de la commune (M. Houassin) est destitué.

  En 1832, une tentative de soulèvement contre Louis-Philippe fut esquissée dans notre région. Les insurgés, réunis à Montécler, devaient s'emparer d'Evron. Mais leur plan échoua.

  En 1851, Saint-Christophe eut sa garde nationale organisée par les notables : Messieurs Chatillon, Guilmin, Glain, Gougeon, Perrier, Yvon, etc... Après l'élection de Louis napoléon, la municipalité dut prêter serment d'obéissance au Président et, l'année suivante, elle jura fidélité à l'Empereur Napoléon III dont elle acheta le buste en 1854 pour la modique somme de 12 francs.

  La guerre de 1870-1871 eut ses échos à Saint-Christophe. En 1870, la municipalité équipe des gardes mobiles (les "moblots"). Des combats eurent lieu à Saint-Jean-sur-Erve, à Saint-Melaine près de Laval. Un soldat a été inhumé dans notre cimetière le 29 janvier 1871.

  Le 19 siècle devait finir dans la paix et le travail. Les villes et les bourgs furent embellis, des routes furent construites, des écoles furent créées, et les chemins de fer firent leur apparition. dans notre région, les voies de communication suivantes furent ouvertes : route Evron-Soulgé (1835), route Evron-Laval par Neau (1837), chemin de fer Paris-Rennes qui devait passer à Morand (1844), route de Saint-Christophe à celle d'Evron (1846), voie directe du bourg au Tertre en 1847 (chemin primitif par les Plantes), route Vaiges-Jublains (1850), route Montsurs-Saint-Suzanne (1871).

  Donc, en moins de quarante ans, six voies nouvelles intéressant Saint-Christophe sont ouvertes à la circulation. Les routes nouvelles ont bouleversé totalement l'aspect de notre bourg (voir plans). Le vieux cimetière est nivelé (1848). L'église elle-même est modifiée. Elle ne possédait point de clocher, mais une sorte de pinacle qui fut abattu en 1842 et remplacé par un clocher d'ardoise..

  Malgré tous ces progrès matériels, la misère est grande, le chômage sévit l'hiver dans l'industrie de la chaux. La mortalité est énorme, surtout chez les jeunes. Il y a de véritables disettes surtout entre 1845 et 1856. En 1867, le choléra ravage la commune.

  A plusieurs reprises, la municipalité est obligée d'ouvrir des "ateliers de charité" pour venir en aide aux chômeurs (amélioration des routes nouvelles).

  Voici quelques autres détails :

1829 : les communes sont dotées d'une boîte postale.

1843 : le service de la Poste est assuré tous les jours.

1844 : une horloge est placée dans la nouvelle tour de l'église.

1864 : achat d'une nouvelle horloge.

1899 : une école communale de filles s'ouvre, route de Brée.


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  Les améliorations continuent.

1913 : construction du lavoir public.

1914 : ouverture d'un bureau de poste.

Guerre 1914-1918 : elle apporta dans notre commune, comme à toute la France, le deuil et les larmes. Une cinquantaine de noms gravés sur le monument aux morts témoignent de l'étendue du sacrifice consenti.

Après la victoire, les progrès et les travaux continuent.

1922 : éclairage électrique.

1923 : bascule publique.

1925 : télégraphe et téléphone.

1927 : installation des PTT dans un nouveau local, propriété de la commune.

Guerre 1939-1945 : Dès le début, arrivent à Saint-Christophe des contingents de jeunes soldats anglais qui s'installent dans les écoles (Royal-Signal). Au printemps 1940, c'est l'invasion brutale : plus de 800 réfugiés de l'Aisne nous arrivent exténués. Mais les Allemands approchent : les réfugiés reprennent la route pour "passer la Loire". La population elle-même fait ses préparatifs. Tout est désorganisé : plus de gendarmes, plus de médecins, plus d'argent pour payer les réfugiés qui restent. Une monnaie d'attente est créée de toutes pièces. Les troupes françaises passent en débandade. Le 17 juin, bombardement sur Evron ; des réfugiés sont tués. Le 18, c'est l'arrivée de l'occupant ; les Allemands s'installent. Ils pillent et saccagent les maisons dont les habitants sont partis. La Mairie est mise à sac. Les vainqueurs passent dans toutes les maisons raflant armes, montres, disques, appareils de photos. Cette vague se retire après quelques jours. Nous ne devions revoir les Allemands chez nous qu'en 1942. Ils restèrent plusieurs mois. En 1843, arrivaient des réfugiés de Lorient, puis des enfants nantais. De temps à autre des émotions : bombardements voisins, mitraillages sur la ligne Paris-Brest, réquisitions massives, rafles de jeunes gens, nouvelles chuchotées de parachutages, etc... On aide comme on peut les "camouflés", les "réfractaires", les évadés. Malheureusement, il y a des mouchards. Au début de 1944, l'instituteur-secrétaire de mairie est dénoncé aux allemands, interrogé par la Gestapo, menacé du camp de concentration. Enfin, c'est le 6 juin 1944, le Débarquement. Les mitraillages sur la ligne se multiplient ; des trains de munitions explosent à Neau. Evron a sa part de victimes. Un nouveau flot de réfugiés déferle sur nos campagnes. Ce sont ceux du Calvados. Nos routes sont sillonnées de convois militaires allemands qui montent en Normandie. Les avions les guettent. Près du carrefour de Livet, un camion flambe comme une torche. Bientôt on annonce l'arrivée des Américains. Le samedi 5 août, les derniers Allemands quittent la commune. Les drapeaux alliés sortent de leurs cachettes. Le dimanche 6 août, les Américains sont à Montsûrs et filent sur Sainte-Suzanne. Les cloches sonnent à toute volée. Enfin le 7 au matin, la première Jeep débouche sur la place ; en un clin d'Ïil elle est entourée, submergée, couverte de fleurs. On danse dans tous les coins. Voici les chars dont les conducteurs saluent gravement la foule qui les acclame. Le soir, un avion allemand est touché juste au-dessus de nous et s'abat dans la campagne. Le 9 au soir, un détachement important d'infanterie et de motorisés traverse notre bourg. Plusieurs Allemands sont abattus près de la Moussardière et enterrés dans notre cimetière. Peu à peu, le calme renaît. Par une chance inouïe, Saint-Christophe n'a perdu ni un civil, ni une maison. Il ne nous reste plus qu'à attendre nos prisonniers. Ils nous reviennent tous au printemps 45. Malheureusement, deux nouveaux noms sont à graver sur le monument aux morts : 2 enfants de Saint-Christophe sont tombés au champ d'honneur en 1940.

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Dalles & Inscriptions funéraires

(d'après le livre de l'abbé Gérault, écrit en 1840)

  La grande allée de l'église est couverte de nombreuse pierres tombales avec croix, calice, cierges, cÏurs sculptés ; une inscription illisible.

  Quatre plaques de marbre incrustées dans les murs du côté gauche portent les noms suivants :

1. Dame Marie Le Mayre de Courtemanche, épouse de Michel des Portes escuyer, sieur du Boulay, décédée à la Prézaie le 5 octobre 1716 (47 ans).

2. Messire Michel Desportes sieur du Boulay, décédé à la Présaie le 29 septembre 1717 (47 ans).

3. Dame Anne Louise Le Boucher, épouse de Alexis-Pierre Desportes, chevalier, seigneur de la Présaie, Morand, la Fauconnière et autres lieux, décédée au Mans le 18 janvier 1722 (vingt et un ans).

4. Michel César Desportes décédé le 12 août (25 a).

 

  Du côté droit, une inscription au nom de " Messire Jean François de Pompadour, marquis de Rochefort, époux de Marie Françoise de Montécler, mort en 1684".

  En 1837, on a trouvé dans la muraille nord une pierre tombale avec portrait de chevalier et inscription au nom de "Sire Olivier de la Chapelle, seigneur de Saint-Christophe, trépassé au mois de juillet 1431".

  Deux cuivres gravés aux noms de :

1. François Raseau (1538) et de Jeanne Marteau, sa femme (1558).

2. René Fouyn prieur de St-Martin-de-Beaupréau (1632)

  Trouvaille : 300 pièces d'agent en 1838 dans le champ du Luart.

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Curiosités historiques

La Chesnelière - Il reste de l'ancien château l'entrée en plein cintre avec deux petites tours, des meurtrières et des créneaux. De larges fossés subsistent, mais rien ne reste du château proprement dit. Le portail est classé monument historique.

La Pézaie - Château du 16ème ou du 17ème siècle avec 2 pavillons. la chapelle est démolie. Ce château qui dut être fort beau est abandonné et sert de communs à la ferme.

La Grande Courbe - Bel ensemble de bâtiments et de tours avec donjon, le tout entouré de larges douves où se déverse la Jouanne. Vieux portail en plein cintre. Ruines d'un bâtiment plus ancien. la Courbe est maintenant une ferme rattachée à la commune de Brée.

Montécler - (primitivement Launai-Péan) Le château actuel date du 17 ème. Vastes écuries, chambres des gardes, douves importantes, pont-levis. Montécler a été détaché de Saint-Christophe au profit de Châtres après de violents débats entre les deux communes.

Vieilles maisons :

- Celle qui touche au cimetière (ancien prieuré).

- Maison de l'école des filles avec tourelle (ancienne propriété Tessé).

- Vieille maison au centre du bourg avec 2 petits pavillons et escaliers de pierre.

- Maison de Morand, la Fauconnière, bâtiment aux Murailles

Autres curiosités - Fours à chaux à la Boissière, à Rouessé et aux Roussières, tour du moulin à vent à la Boissière, chapelle des Hermaudières sur le vieux chemin d'Evron (fait partie de Châtres). Pour l'église : voir partie historique.

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Une curieuse coutume

  Mathurin du Tremblay a promis par testament (1627) que son fermier de la Touche irait chaque année, la veille de la fête-Dieu, porter un bouquet de 5 boutons de roses à son voisin, le fermier de la Cour. Celui-ci doit déposer le bouquet le lendemain matin, à la pointe du jour, sur l'autel de l'église de Saint-Christophe : la coutume est toujours observée.


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La forêt

  Elle couvrait la plus grande partie de notre commune. Elle abritait tour un peuple de bûcherons, de sabotiers, de potiers, de charbonniers et même des verriers et des tanneurs. Elle était aussi propice à l'élevage du porc. Elle fut défrichée peu à peu par les moines et les châtelains dont les besoins en bois étaient considérables. La vente du bois était d'ailleurs une belle source de revenus. La forêt ainsi défrichée devint, dans les bons endroits, terre de labour et resta à l'état de lande dans les terres arides. un grand nombre de pièces de terre portent le nom de "landes", surtout sur le plateau ouest. Une autre cause de recul de la forêt fut la consommation énorme de bois nécessaire au fonctionnement des antiques forges; Il est fort probable que Saint-Christophe, situé à la lisière de la forêt de Charnie et possédant des gisements de fer eut des forges très anciennes. Certains noms de terre donnent à penser "le grand et le petit minerai", "le pré ferré", "le fourneau", "la pièce à ferrand", "la pièce marteau", terrains se trouvant situés entre la Motte et la route de Montsûrs.

  Il y eut aussi des poteries. La terre glaise ne manquait pas. plusieurs terres portent le nom de "poterie", entre autres du côté de la Grue. On en trouve aussi du côté des Roussières, de la Cafforie. Il y a près de la Prézais "le Pré de la Tuile". Certaines terres portent le nom de "Verrerie", près de la Grande-Haie par exemple. Il en une autre près de l'ancien village de "Viraille" qui n'est peut-être qu'une déformation de "verraille". On trouve trace de tanneries du côté de la Lucazière, de Rouessé, de la Motte-Guittet. Toutes ces petites industries nées de la forêt sont totalement disparues.

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Anciennes cultures

  Les terres incultes étaient très nombreuses (forêts, landes, étangs, marécages). La surface cultivable était très réduite et d'ailleurs mal travaillée. On cultivait surtout les céréales pauvres telles que le seigle et le sarrasin. Pendant des siècles on pratiqua le vieux système des jachères : trois années de cultures, six années de repos. L'engrais manquait, le rendement était faible. Aussi les disettes étaient fréquentes et terribles. La pomme de terre était inconnue. On cultivait la vigne pour faire du vin. Dans notre commune des terres portent le nom de "Vigne", "Vignard" (aux Laurencières, au Pâtis, au Tertre, à la Naillerie, aux Petites Loges, au Paradis, à la Juguerie). Ce n'est qu'au 16ème siècle que le poirier et le pommier furent introduits dans le Maine. Ils supplantèrent la vigne qui était d'un rendement très irrégulier. Elle disparut au 18ème siècle.

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La culture du lin & l'industrie des toiles

  Dès les temps les plus anciens on filait et on tissait la laine dans notre région. Au 13 ème siècle, l'industrie du tissage reçut une impulsion nouvelle grâce, dit-on, à Béatrix de Gavres, comtesse de Laval. On apprit à fabriquer des toiles semblables à celles du Nord. A partir du 15 ème siècle toutes les meilleures terres furent consacrées à la culture du lin. Notre canton d'Evron en produisait d'énormes quantités que les "poupeliers" apprêtaient en "poupées" prêtes à être filées. Toutes les femmes filaient au rouet à manivelle. Le fil était utilisé sur place ou, acheté par les "regrattiers", il était emporté à Laval à dos de cheval.

  La région d'Evron fabriquait des toiles renommées. De grandes fortunes se firent dans toute la région. Nos toiles étaient expédiées par le port de Nantes jusque dans les Indes. C'est au 18 ème que cette industrie a atteint son apogée. Elle fut détrônée par un nouveau textile, le coton qui était meilleur marché. A Saint-Christophe, d'après l'état-civil, la moitié de la population travaillait le lin au 18 ème siècle. Le bourg abritait de très nombreux tisserands. Il y avait aussi des poupeliers, des retourneurs. Plusieurs "marchands tixerands" du 17 ème et du 18 ème portent des noms encore actuellement bien connus dans notre commune.

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Aspect de la campagne vers le 16 ème et le 17 ème siècle

  Elle se présentait ainsi : de grands lambeaux de forêts, des landes nombreuses, des étangs et des marécages, des champs de lin, de seigle, de sarrasin, des prairies naturelles dans les fonds. Les labours se faisaient avec l'antique charrue de bois tirée par 4 ou 6 bÏufs. Les moissons se faisaient à la faucille et les battages au fléau. Presque toutes les fermes étaient des métairies soumises à des redevances très lourdes allant jusqu'au sucre et au café. L'élevage était peu important. Le mouton dominait. De grands troupeaux se nourrissaient sur les landes et les jachères, gardés par des bergers à cause des loups. La laine des moutons de notre canton était particulièrement estimée. Les bovins servaient surtout au travail de la terre et aux charrois. L'ancienne race mancelle, rustique et sobre, devait subsister chez nous jusqu'au 19 ème siècle. Les chevaux étaient utilisés pour les voyages. On allait au marché, à la messe, à la noce à cheval, souvent par deux. Nos chevaux étaient petits, nerveux, de couleur sombre, rustiques et endurants. Le cheval de trait était à peu près inconnu. Les porcs furent élevés dans le Maine dès la plus haute Antiquité. La race craonnaise est forte ancienne.

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La chaux

  Dès le 17 ème siècle on signale des fours à chaux à Saint-Christophe. On a trouvé dans les carrières proches du bourg des traces de vieux fours creusés à même le sol. les fours furent d'abord chauffés au bois puis au 19 ème siècle, on découvrit du charbon de terre dans la région de la Bazouge de Chémeré. on en chauffa les fours. la chaux ainsi produite améliora les terres déjà cultivées et permit d'utiliser les landes. Saint-Christophe devint gros producteur de chaux. En 1808, on relève dans l'état-civil la signature de M. Basile Gougeon "chaussumier" à Rouessé. En 1836, des fours existaient à la Boissière, à Rouessé, aux Roussières, à la Prézaie. D'autres lieux eurent certainement des fours dont on a perdu le souvenir (ex. Chauffour). En 1848, huit fours étaient en pleine activité. Une voie nouvelle fut ouverte reliant en ligne droite le bas-bourg à la Boissière : c'est l'actuelle rue Creuse faite e 1847. Le travail de la chaux était assez irrégulier. L'hiver la demande était nulle et les transports impossibles, d'où périodes de chômage très dures. L'industrie de la chaux atteignit son apogée dans la Mayenne vers 1864. A ce moment, 240 fours fonctionnaient dans notre département. Mais dès 1875, la demande se ralentit. On avait abusé de la chaux qui, dit-on, "enrichit le père et ruine le fils". Puis il y eut la concurrence des engrais chimiques sans parler des difficultés d'exploitation, les carrières ayant tendance à se remplir d'eau (ex. la Boissière). Seuls purent subsister les fours en bordure de la ligne Paris-Brest. A Saint-Christophe, on essaya de transporter la chaux à Neau par une sorte de train sur route. Mais malgré tous les efforts, les fours durent s'éteindre. Ce fut une catastrophe pour la commune. La population tomba dans des proportions énormes.

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Le fer

  Parallèlement à l'industrie de la chaux, celle du fer contribua à l'activité de notre commune : il s'agit d'exploitations à ciel ouvert. Ces anciennes "minières" sont, aujourd'hui, remplies d'eau et sont connues sous le nom de "découverts" (ex. la Grue, la Mare Jaune, la Lucazière, la Touzelière, la Héraudière, etc...). Près de la Blosseraie, une terre s'appelle "la Minière". En 1836, nos minières étaient encore en exploitation. Les registres de 1800 à 1810 mentionnent les noms d'un certain nombre d'ouvriers miniers. Nos minières ont cessé de fonctionner vers 1860.


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Les moulins

  Il y avait autrefois cinq moulins à eau (les Plantes, la Cour, la Motte, le haut-Bois, Millière) et un moulin à vent à la Boissière qui servait par temps de sécheresse. En 1840, il fonctionnait encore. parmi les moulins à eau, celui du Haut-Bois s'arrêta le premier. On parle encore de son meunier en 1814. Celui de Millière fut cédé à la commune de Livet en 1838. Celui de la Motte s'arrêta vers 1900.

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Les étangs

  Nous retrouvons dans la matrice cadastrale un nombre très important de terres cultivées qui portent le nom d'"étang", "étanchot", "douve", "vivier", "gué", "chaussée", qui donnent une idée de l'importance des eaux autrefois surtout du côté du Bois-Gaudin, de la Métairie, de la Chesnelière, de la Goupillière, du Haut-Bois, de la Touzelière. On commença à dessécher les étangs à l'époque de la Révolution (parce qu'ils servaient de cachette aux Chouans). L'assèchement fut activement poursuivi au 19 ème. Il changea la physionomie du pays.

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Cultures modernes

  Le blé et l'orge ont remplacé les céréales pauvres d'autrefois. A mesure que la production de la chaux s'accélérait, celle du blé augmentait. Voici quelques chiffres pour la Mayenne :

Chaux

Blé

1810

115.000 hl

2 millions hl

1835

785.000 hl

3 millions hl

1875

5.000.000 hl

4 millions hl

  Les prairies artificielles se sont créées peu à peu. Avec la culture des plantes sarclées, elles ont permis à l'élevage de prendre une extension considérable. La pomme de terre, inconnue jusqu'en 1815, s'est rapidement répandue à partir de 1825. Grâce à la chaux, on abandonna le système des jachères. Le travail des machines remplaça peu à peu le travail à la main, ce qui contribua d'ailleurs au dépeuplement des campagnes. Les herbages tendent de plus en plus à absorber les terres labourables. La petite exploitation disparaît. A Saint-Christophe, un grand nombre de closeries mentionnées sur l'ancien cadastre sont disparues même de notre souvenir (ex. la Nayerie, la Jaunelière, le Grand et le Petit Mortier, la Veslière, la Bréhennière, etc...).


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Élevage

  Nos bovins sortent d'un croisement entre l'ancienne race mancelle et la race anglaise de Durham. C'est avant tout une race de boucherie.

  Pour les chevaux, la création des routes au 19 ème siècle amena les éleveurs à rechercher de bons chevaux de trait. Ils firent des croisements pour donner de la taille à l'ancienne race.

  Les moutons sont élevés en petit nombre. leur élevage a diminué à mesure qu'ont reculé les landes et les jachères. Le porc continue d'être apprécié en Mayenne. Les volailles ne sont guère sélectionnées. Mentionnons les oies qui étaient avant la guerre l'objet d'un important commerce avec l'Angleterre, en particulier à Evron.

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Industrie

  Elle est nulle à Saint-Christophe. Les fours tombent en ruine, carrières et minières sont pleines d'eau, les moulins sont abandonnés. La commune ne garde de son ancienne prospérité qu'un certain nombre de maisons "bourgeoises" entourées de beaux parcs qui donnent à notre bourg un air "cossu" et un cachet spécial qui plaît aux étrangers en quête d'ombrages et .... de ravitaillement.


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Population

 

Quelques chiffres :

 

1804 : 1124 habitants 1891 : 1013 habitants

1836 : 1204 habitants 1896 : 911 habitants

1840 : 1400 habitants 1906 : 763 habitants

1866 : 1215 habitants 1926 : 604 habitants

 

Depuis cette date, la population a peu varié.

 

Indications relevées dans l'état-civil :

 

1831 : 30 naissances 12 mariages 30 décès

1947 : 7 naissances 9 mariages 10 décès


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Maires et Adjoints

 

1792 Maire : Baptiste Lanoë Greffier : Véniel (marchand)

1792 Maire : F. Chatillon (md.tiss.) Greffier : " "

1793 Maire : L. Carré (tisserand) Greffier : " "

1800 Maire : M. Perrier (tisserand)

1802 Maire : M. Houssin (tailleur) Adjoint : H. Moreau (tiss.)

1815 Maire : H. Moreau Adjoint : Ch. Roger (tisserand)

1837 Maire : H. Moreau fils (fab. de toile)

1871 Maire : J. Guilmin (fils) Adjoint : Daulumier

1891 Maire : E. Cordier

1909 Maire : A. Guilmin Adjoint : V. Yvon (menuisier)

1912 Maire : V. Yvon Adjoint : F. Paumier (hongreur)

1932 Maire : L. Ragot (cultivateur) Adjoint : J. Blanchard (cult.)

1935 Maire : " " Adjoint : E. Lelong (maçon)

1940 Maire : E. Lelong Adjoint : F. Paumier (fils)

1947 Maire : E. Quillet (cultivateur) Adjoint : B. Marquet

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L'école à Saint-Christophe

 

  L'école des filles remonte à 1751. Elle comprenait un pensionnat dirigé par deux religieuses d'Evron.

  Nous trouvons trace de l'école des garçons à partir de 1838. Elle était installée dans une maison quelconque du bourg : pas de salle de classe, pas de mobilier scolaire, pas de cour.

  1838 : traitement fixe de l'instituteur : 200 f.

  1839 : une délibération du C.M. vote un crédit pour "entourer le lit de M. Dugas d'une cloison de bois par raison de décence".

  1845 : acquisition d'une nouvelle maison d'école. M. Pierre Oger est nommé instituteur. Il demande une cloche pour appeler les enfants qui passent leurs récréations dans le bourg (coût : 56 F.).

  1848 : l'école des garçons a 53 élèves. Achat de deux tables pour "permettre aux plus grands d'apprendre à écrire" (coût : 46 F.).

  1851 : construction d'une nouvelle école sur la route de Livet (ancien terrain de la Fuie).

  1855 : l'école des filles compte 80 élèves.

  1863 : création de la bibliothèque scolaire.

  1870 : gratuité à l'école des garçons.

  1885 : construction de deux classes et d'un préau à l'école des garçons.

  1893 : la commune achète la maison Tessé route de Brée pour en faire une école de filles1 .

  1899 : ouverture de cette nouvelle école.

  1904 : laïcisation de l'école des filles.

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Liste des Instituteurs Titulaires

 

Garçons Filles

 

1878 : M A. Froger 1883 : Sr A. Pavard

1907 : M P. Fourmond 1904 : Mlle Z. Froger

1919 : M L. Courtogis 1907 : Mme Pottier

1927 : M R. Cordier 1909 : Mme Blottière

1913 : Mme Rondeau

1927 : Mme Cordier


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Notes complémentaires (actualisation des données)

 

  Les différentes rubriques qui suivent ne font pas partie du texte original publié en 1948. Il s'agit de données actualisées, issues de documents plus récents.

 

 

La population de Saint-Christophe-du-Luat

( Sources : Archives départementales de la Mayenne - Recensements)

 

1801: 1124 1866: 1215 1926: 604

1806: 1050 1872: 1137 1931: 636

1821: 1009 1876: 1112 1936: 573

1826: 1069 1881: 1053 1946: 597

1831: 1150 1886: 1012 1954: 539

1836: 1204 1891: 1020 1962: 505

1841: 1416 1896: 911 1968: 528

1846: 1185 1901: 905 1975: 541

1851: 1235 1906: 782 1982: 526

1856: 1206 1911: 774 1990: 527

1861: 1165 1921: 632


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